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Conférence du 26 mars 2019, par Mme Gabrielle CLAERR STAMM « Lorsque l’Alsace était bourguignonne, l’histoire de Pierre de Hagenbach »


Conférence du 26 mars 2019, par Mme Gabrielle CLAERR STAMM « Lorsque l’Alsace était bourguignonne, l’histoire de Pierre de Hagenbach »

Notre Assemblée générale annuelle, tenue ce mardi 26 mars 2019, a été agrémentée comme de coutume par une conférence dans la salle de la Régence, mise une nouvelle fois à notre disposition par la Ville d’Ensisheim.. Cette fois, notre Société a accueilli Mme Gabrielle CLAERR STAMM, présidente de la Société d’histoire du Sundgau, pour évoquer l’histoire de Pierre de Hagenbach, un personnage qui s’est illustré dans notre région au 15ème siècle.

Mme CLAERR STAMM
le public dans la salle de la Régence

Pierre de Hagenbach est né vers 1420, sans doute à Thann, à une époque charnière entre le Moyen Âge finissant et les débuts de la Renaissance.  Plusieurs chroniques manuscrites, puis imprimées ont diffusé des éléments de la vie tourmentée de ce chevalier.

Issu d’une famille de petite noblesse (citée dès 1276), qui possédait un château dans le village éponyme du Sundgau, Pierre de Hagenbach a passé son enfance entre l’Alsace de son père, et la Franche-Comté d’où était originaire sa mère (château de Belmont).

Pierre de Hagenbach a donc grandi dans une région convoitée à la fois par les Habsbourg et le duché de Bourgogne. Il était parfaitement bilingue, qualité qui lui a été particulièrement utile dans le déroulement de sa carrière…

Attiré par les fastes de la Cour, il s’engage comme écuyer au service de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, vers 1440. A l’époque, la Bourgogne, en pleine expansion, s’agrandit progressivement d’une partie des territoires situés en Franche-Comté, Flandres, Artois…

Pierre de Hagenbach participe activement aux guerres de conquête et est rapidement « repéré » par Charles le Téméraire, fils de Philippe le Bon.

Il entre alors au service de Charles le Téméraire en tant que « maître d’hôtel », c’est à dire l’équivalent de grand argentier au service d’une grande maison, dont il assumera la charge avec compétence.

Il sera promu « maitre d’artillerie » en 1466, puis sera nommé chevalier.

En 1469, à la suite du traité de Saint-Omer, Charles le Téméraire entre en possession des biens de la Maison d’Autriche en Alsace et Forêt Noire.

Pierre de Hagenbach occupera alors les fonctions de « bailli des territoires de Haute Alsace », mis en gage par le duc Sigismond d’Autriche. La souveraineté bourguignonne va progressivement se mettre en place…

Cependant, à partir de 1472, Pierre de Hagenbach doit faire face à des difficultés d’ordre à la fois économiques et politiques. Il dissout des corporations, lève des taxes (sur le vin), mais ordonne également des exécutions en représailles à des révoltes des bourgeois (à Thann, à Ensisheim…). Il devient rapidement impopulaire.

Les bourgeois de la ville de Breisach se révoltent également, il est reproché à Pierre de Hagenbach son comportement tyrannique vis à vis des populations.

Il est alors arrêté et emprisonné dans le Windbruchtor qui existe toujours à Breisach, puis rapidement jugé (le bâtiment « Radbrunnen » est également toujours en place). Torturé puis décapité en place publique le 9 mai 1474, son corps est ramené au village de Hagenbach pour y être déposé dans un caveau à l’église.

En résumé, Pierre de Hagenbach était un homme ambitieux qui a grandi un à un les échelons, au service de ses maîtres Philippe le Bon d’abord, puis Charles le Téméraire ; c’était un homme intelligent et compétent, ainsi qu’un officier zélé.

La plupart des crimes dont il a été accusé ont sans doute été commis « sur ordre », mais peut-être s’était-il rendu coupable d’exactions…

Il a vraisemblablement été exécuté pour raison d’Etat.

La lignée des Hagenbach s’est éteinte au milieu du XVIIIe siècle…

Dans le village de Hagenbach, il ne subsiste plus de traces du château familial qui, au cours des siècles, avait été à plusieurs reprises détruit ou endommagé (séisme de 1356, saccage par les Armagnacs en 1439 et 1444, puis par les Suédois en 1633 durant la Guerre de Trente ans, et enfin par les événements révolutionnaires…).

Les travaux de construction du canal du Rhône au Rhin ont effacé de manière définitive les dernières traces de l’édifice.

A l’issue de la conférence à laquelle avait répondu un public nombreux et attentif, la Ville d’Ensisheim a proposé un vin d’honneur.

Mme CLAERR STAMM a également pu dédicacer son livre « Le destin tragique d’un chevalier sundgauvien au service de Charles le Téméraire ».


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Publié par Manuel Meyer sur dimanche 11 décembre 2016

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