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Conférence du mardi 13 octobre 2020, par M. Florent MINOT, archéologue : « les fouilles archéologiques récentes au centre ville d’Ensisheim »

12 novembre 2020

Conférence du 13 octobre 2020 :

  » les fouilles archéologiques récentes au centre-ville d’Ensisheim » par M. Florent MINOT  d’Archéologie Alsace

Florent MINOT

C’est dans le respect des règles sanitaires actuelles que le public composé d’environ 70 personnes a pu assister à la conférence de M. Florent Minot, archéologue à Archéologie Alsace.

Pour l’occasion, la  ville d’Ensisheim avait une nouvelle fois mis la salle de la Régence à disposition de la Société d’Histoire.

Dans  son exposé , M. Minot a expliqué le travail de recherches mené ces dernières années sur plusieurs sites à Ensisheim.

Il a rappelé que la ville  était riche de son patrimoine et de son histoire et a cité  quelques dates importantes:

-la première mention du nom d’Ensisheim remonte à 765 (villa)

-en 1213,  il est fait mention pour la 1ère fois d’un lien entre les Habsbourg et Ensisheim

-en 1263 ,  mention d’un fief castral à Ensisheim

-en 1351 , le château y est mentionné explicitement

-en 1360-1380,  le fossé

-en 1420,  des tours

-en 1433,  existence d’une  chancellerie

-en 1537,  existence de l’arsenal

-en 1584, création de l’atelier monétaire

-entre 1631 et 1638, la ville est plusieurs fois assiégée

-au 18éme siècle,  l’enceinte est démantelée

 Le conférencier a  poursuivi son exposé en précisant que les sites étudiés avaient été :

 -le site de l’ancien château (diagnostic de 2016)

-le site de la médiathèque (fouilles de 2018)

-le site de l’ancienne scierie SCHMIDT (fouilles de 2019)

l’ancien château

Le château est aujourd’hui disparu,  et ne subsistent désormais que quelques pans de murs (et le fossé intérieur), visibles dans le parc de l’hôpital.

Les fouilles pratiquées  ont néanmoins permis d’identifier une construction datant du 13ème siècle.  Des murs épais ont été dévoilés ((2,10 m de largeur), ainsi qu’une fondation maçonnée,  et un mur d’escarpe d’une hauteur de 4,80 m. D’autres éléments ont été observés,  comme des latrines, et en sous-sol, une grande partie des fondations ont été conservées.

Le château a été détruit au 17ème siècle, et a ensuite servi de carrières aux habitants d’Ensisheim pour leurs habitations.

Le site de l’ancienne scierie Schmidt

-Les recherches dans la propriété ont livré des traces importantes de l’enceinte médiévale.

Les dépotoirs de céramiques étudiées placent l’origine des fortifications au 13ème siècle, avec des travaux ultérieurs au 14ème siècle.

Ces éléments permettent donc de confirmer la fondation de la ville vers 1272.

Le mur d’enceinte a ensuite été  consolidé, modifié ou  reconstruit à différentes périodes.

Un bâtiment proche des fortifications a également pu être identifié au travers de ses fondations ; les éléments dégagés prouvent qu’il avait pu être luxueux , il est probable qu’il s’agisse du bâtiment de la chancellerie détruit lors de la guerre de Trente ans.

les fouilles sur le site de la médiathèque

Les travaux des archéologues  y ont dévoilé huit siècles d’occupation du centre ville.

Les premières traces remontent au 13ème siècle, sous la forme de vestiges « en creux » (fosses),  et de traces de poteaux en bois;  la présence de scories et battitures suppose l’existence d’un atelier de « type forge » .   Sur le reste de la parcelle, on suppute aussi des jardins et des enclos pour animaux.

A partir du 15ème siècle se sont  développées des habitations avec caves (une colonne en grès  soigneusement ouvragée, servant de soutien aux poutres d’une cave,  a été mise à jour).

Divers équipements comme des latrines et puits ont également été observés, dont l’un des intérêts est de déterminer une  partie de l’alimentation des habitants de l’époque, grâce aux objets (vaisselle) et restes organiques (graines…).

Ces habitats  sont détruits au 17ème siècle, vraisemblablement à cause des événements dus à la Guerre de trente ans.

C’est dans ces vestiges qu’a été découvert un dépôt monétaire exceptionnel.  Il s’agit d’un lot de 179 monnaies (dont 66 thalers), sans doute cachées du fait de la guerre (sous un plancher?), et réunies (à l’origine) dans une bourse en cuir ou tissu. Particulièrement bien conservées, leur poids total (avant tout de l’argent) est de 2,237kg. Ces monnaies sont pour l’essentiel d’origine locale, pour d’autres d’Europe centrale. La plus ancienne date des années 1510-1530; la plus récente a été frappée en 1631.  Au total, ce vrai trésor apparait aujourd’hui comme la plus importante découverte archéologique de thalers.

Un des thalers

 Il est actuellement en cours d’analyse afin de déterminer la composition des métaux, et leur provenance (analyse isotopique).

Par la suite, le quartier est réorganisé du 17ème au 19ème siècle, avec la construction de nouvelles habitations. Mais il s’y est aussi développé une activité artisanale de fonte de cloches, apparemment dans la 2ème moitié du 18ème siècle. Selon les empreintes de quatre moules, on y a réalisé des cloches de respectivement 1,40m, 1,15m, 0,95m et 0,70m de diamètre. On n’en connait pas la destination (église d’Ensisheim ou autre). M. Minot a d’ailleurs détaillé longuement les techniques mises en oeuvre  pour cette  activité particulière.

schéma des moules à cloches

Synthèse

Les études menées au travers des fouilles de ces récentes années ont donc permis, pour la première fois,  de confirmer par l’archéologie la date supposée de la fondation de la ville d’Ensisheim, contemporaine de son château et de ses remparts.

Il en ressort que la ville a connu son apogée politique et économique aux 15ème et 16ème siècles avant de subir les destructions de la Guerre de trente ans. Ensisheim, par la suite, ne parait pas par la suite avoir recouvré le niveau de vie des siècles précédents.

Des questions et un débat ont  suivi l’exposé passionnant de M. Minot .


Conférence du 28 janvier 2020 par M. Patrick Unterstock

8 février 2020

Conférence du 28 janvier 2020, palais de la Régence, Ensisheim,

par M. Patrick UNTERSTOCK

Les usages de l’Ill entre Colmar et Strasbourg

(navigation, pêcheries, moulins).

M. Patrick UNTERSTOCK

C’est dans la salle du Palais de la Régence mise à disposition par la ville d’Ensisheim que s’est déroulée la 1ére conférence de la Société d’Histoire d’Ensisheim de l’année 2020.

Une soixantaine de personnes sont venues écouter la conférence de Monsieur Patrick Unterstock, batelier professionnel et calfat à Muttersholtz.

Dans un premier temps, le conférencier a évoqué le rôle important de la rivière Ill au fil des siècles.

 L’Ill, qui traverse l’Alsace du Sud au Nord, déroule ses longs méandres sur plus de 200 kms, avec un dénivelé de 142 mètres (la hauteur de la cathédrale de Strasbourg), avant de se jeter dans le Rhin (actuellement) à Gambsheim.

Alimentée par 908 affluents, dont les plus importants sont la Largue, la Doller, la Thur, la Lauch, la Fecht, la Weiss, la Lièpvrette, le Giessen, l’Andlau, la Bruche, la rivière est également nourrie dans la région de Sélestat par des résurgences de la nappe phréatique dont la température constante, été comme hiver, est de 10-12° C.

A certaines périodes de l’année, l’Ill est en crue, à d’autres elle peut être à sec et disparaitre en partie dans le sous-sol, et alimenter à son tour la nappe phréatique. En été, à certains endroits, l’Ill est profonde de plus de 4 mètres, à d’autres, le fond n’est que de 10 cm…

A l’époque romaine étaient déjà mentionnées les villes d’Argentovaria (Horbourg-Wihr), Elvetum (Ehl-Benfeld), Argentoratum (Strasbourg), toutes situées sur les rives de l’Ill. Les romains naviguaient donc déjà sur la rivière… essentiellement depuis Horbourg jusqu’à Strasbourg.

L’origine du mot « Alsace » proviendrait du mot « Ill » (« Ell-sass« , le lieu où est assise l’Ill), de même que certains noms de localités (Illzach, Illfurth, Illhausern, Illkirch, Elsau…). Mais cette explication est trop simpliste voire incompatible avec la linguistique.

Au Moyen Age, le commerce y était intense, ainsi que les activités de pêche et meunerie.

En 1332 fut crée la corporation de l’Ancre à Strasbourg, qui regroupait les bateliers.

En 1404, le Syndicat de l’Ill (Illgenossen ou Ilsassen) voit le jour, des chartes de constitution sont élaborées (Illordnung) ; des visites annuelles (Illbesichtigung ), avec procès verbaux, sont alors instaurées en présence des professionnels concernés, des villes et des seigneurs riverains.

Plusieurs villes ellanes possédaient leur Ladhof (bassin portuaire) : Colmar, Sélestat, Strasbourg. Des réglementations se sont imposées très tôt pour prévenir les conflits ou tenter de les régler car les intérêts des différentes corporations étaient bien souvent antagonistes ; il est fait état dans les écrits, de conflits plus ou moins violents entre les meuniers et les bateliers.

En effet, dans le lit navigable, les bateliers exigeaient un passage de 22 à 28 pieds (soit 7-8 m) sans encombres. Ils accusaient les pêcheurs d’entraver l’écoulement normal avec des digues formées de pieux et fascines. Aussi, ils étaient constamment en conflit avec les meuniers qui détournaient à outrance le débit de l’Ill aux biefs en faveur de leurs moulins.

Pour favoriser les activités des professionnels, une organisation spécifique a dû être mise en place pour le nettoyage régulier des berges, le ramassage des objets indésirables (souches, troncs d’arbres..). On a essayé de normaliser les pertuis, d’aménager les écluses, les biefs, renforcer les berges, couper les méandres , installer des systèmes de cabestan…

En ce qui concerne les pêcheries, le poisson était abondant et les espèces variées : des lottes de rivière, barbeaux, anguilles, écrevisses… On pêchait au filet, à la nasse (Wartloff), au carrelet (Sitzberen), avec des digues (Fach), à la balance…

Il existait des droits de passage ou de pontenage et 4 péages perçus à 4 endroits : Illhaeusern, Sélestat, Ebersmunster, Graffenstaden, au profit des villes et des seigneurs locaux.

Au 16ème siècle, le commerce y était florissant ; les marchandises transportées étaient de tous ordres, mais l’Alsace exportait surtout des vins (un foudre ou Fuder strasbourgeois valait 1 200 litres) à destination de la Hollande et des pays Baltes. Un bateau de type rhénan (Lauertanne) pouvait emporter vingt à quarante foudres.

En retour, il était fréquent de retrouver sur les embarcations des produits comme le sel, des étoffes, du fromage ou des harengs.

A l’époque, le voyage entre Colmar et Strasbourg nécessitait 3 jours, mais il fallait 5 jours pour la remonte. Pour cette remontée, les embarcations étaient souvent halées par des hommes équipés de harnais appelés « bricoles », qui devaient s’épuiser à affronter les forces plus ou moins grandes des courants ainsi qu’aux installations de « Tich » où les cabestans étaient sensés faciliter le franchissement de ces seuils d’eau.

La navigation s’effectuait parfois de nuit et était plus ou moins intensive selon les saisons et les évènements (foires de Francfort ou de Strasbourg…).

Au 17éme siècle, après la Guerre de Trente ans, les contrôles de la rivière se sont espacés faute de moyens ; à l’époque, l’enceinte de la ville de Colmar est démantelée, celle de Sélestat est bastionnée… Avec la conquête de l’Alsace par Louis XIV, les échanges avec les pays du Nord européen s’étaient complexifiés en raison des oppositions du royaume de France avec celui du Saint Empire Romain Germanique et celui d’Espagne.

La navigation sur l’Ill s’est cependant poursuivie jusqu’au 19ème siècle avec les services des ponts et chaussées ; le transport des marchandises a ensuite été concurrencé par la construction du canal du Rhône au Rhin et la voie ferrée qui autorisaient des volumes plus importants.

La qualité de l’eau n’a pas toujours été optimale au fil des siècles, car les cloaques des villes, les tanneries, les effluents engendrés par les nombreuses écuries, les déchets de toutes sortes étaient déversés dans les rivières ; certaines espèces aquatiques toutefois pouvaient s’en accommoder…

Mais la pêche professionnelle s’est réduite, surtout après la 2ème guerre mondiale, par l’utilisation massive des engrais chimiques, des produits phytosanitaires, des métaux lourds qui, entrainés par les eaux de ruissellement, se sont révélés progressivement destructeurs des milieux aquatiques…

Dans la deuxième partie de son exposé, M. Unterstock nous fait part de ses activités professionnelles et de ses compétences en matière de construction d’embarcations.

Il est le dernier constructeur de bateaux à fond plat (appelés plates) et perpétue une tradition en voie de disparition. Il a acquis le savoir-faire par la transmission auprès d’un ancien qui le détenait encore, et en reproduisant à l’identique les constructions d’antan. Dans son atelier de Muttersholtz, M. Unterstock construit à la demande des plates de 5 à 12 et même 14 m de longueur.

Lors des nombreuses questions qui lui ont été posées, le conférencier a expliqué qu’il choisissait lui même avec soin les arbres, avant de les faire couper, les faire scier, les faire sécher, avant qu’ils ne deviennent matériaux de construction.

L’essence utilisée est le pin sylvestre, ou le pin douglas, avec certains éléments en chêne. L’étanchéité (calfatage) est réalisée au moyen de roseaux appelés « massettes » (Knoschpe) et du chanvre. L’assemblage est fait à l’aide de clous forgés (autrefois de chevilles en bois). Tous les matériaux utilisés sont de provenance locale.

Certaines des réalisations de M. Unterstock sont utilisées par des particuliers qui ont passé commande, mais il est possible de voir les embarcations à Colmar, notamment dans le secteur de la Petite Venise, ou à l’Ecomusée d’Ungersheim.

Par ailleurs , M. Unterstock propose de Pâques à la Toussaint, au départ de Muttersholtz, des balades sur l’Ill.

Les sorties sont agrémentées d’anecdotes, et d’histoires sur la région, ainsi que sur la faune.

Les coordonnées de M. Patrick Unterstock sont jointes à ce texte.

A l’issue de la conférence et du débat qui s’en est ensuivi, la Société d’Histoire a offert comme de coutume une collation.


Conférence du 15 octobre 2019 par Mme Ségolène PLYER : « de l’Alsace au Banat et retour. Deux cents ans de migrations méconnues ».

13 novembre 2019

C’est dans la salle de la Régence que la municipalité d’Ensisheim avait une nouvelle fois mise à la disposition de la SHE, que s’est déroulée le 15octobre dernier  la conférence de Mme Ségolène PLYER, maitresse de conférences à l’Université de Strasbourg.

Dans le cadre d’une recherche en partenariat avec les universités de Fribourg,  Mme PLYER s’est penchée sur l’histoire du Banat et de sa population.

Au 18éme siècle, l’empire austro hongrois s’étend sur des territoires qui appartenaient à l’empire ottoman, vaincu, et vidé de ses habitants.

Pour les remplacer, et valoriser une région peu développée à l’époque, des populations originaires d’Alsace, mais surtout de Lorraine (villages de St Hubert, Ste Barbe, Charleville, Mercy..dans le pays messin) ont été encouragées à s’installer en Europe centrale.

Les nouveaux arrivants, en majorité catholiques, sont travailleurs et compétents, ils vivent  de leur travail en  mettant rapidement en valeur les terres qu’ils occupent.

A la fin de la 1ère guerre mondiale, l’Empire austro hongrois disparait, le territoire du Banat est partagé entre 3 pays  que sont actuellement  la Roumanie, la Hongrie et la Serbie (ex Yougoslavie).

Afin de conserver leur identité, les Banatais, se sentant peut-être déjà menacés, avaient  tenté à l’époque de fonder un département français…(démarche restée vaine)

La population ont continué à prospérer  jusqu’à l’avènement de la 2ème guerre mondiale, contraignant 50 millions de personnes à se déplacer.

De langue et de culture germanophones,  les Banatais ont été menacés en 1944 dans leur région d’origine par les forces de Tito, ainsi que par l’Armée Rouge, qui a tenté de conquérir les territoires depuis l’Europe du sud-est vers l’Autriche.

Rejetés par la France, méprisés par les Allemands, et menacés d’être internés dans les camps soviétiques, ils ont été condamnés à l’exil qui les a conduits en Autriche, en Allemagne…

Des personnalités comme l’ancien maire de Metz, Raymond MONDON, ainsi que  Me ROSAMBERT , juriste à Nancy, ont souhaité défendre la cause des Banatais.

Mais c’est surtout grâce à l’intervention d’un homme d’exception, Robert SCHUMAN, Président du Conseil Français en 1947,  sensible à la demande de Jean LAMESFELD président de l’association des Banatais, que la France a pu accueillir dès 1948  10 000 personnes déplacées dont une majorité originaire du Banat.

De plus, la France, qui était en pleine reconstruction,  manquait de main d’oeuvre, ainsi que de travailleurs qualifiés.

Les Banatais,  dont certains avaient de hautes compétences, notamment en agronomie, ont été vite reconnus  pour leur valeur. Ils se sont intégrés très rapidement dans la population, principalement en Alsace (dans  l’agriculture et les vignobles notamment).

Cependant, une partie des Banatais (400 personnes environ) s’est installée dans la région d’Avignon, et a repeuplé le village de La Roque sur Perne dans le Vaucluse.

Un débat  passionné, et chargé d’émotions et de souvenirs a suivi la conférence.

De nombreuses personnes dans la salle, qui venaient d’Ensisheim et des environs (Soultz,  Guebwiller, Réguisheim, Lautenbach..)  et descendant de familles Banataises, étaient présentes, et ont pu témoigner de leur histoire encore bien vivante.

Mme PLYER a été particulièrement attentive à ces échanges, susceptibles d’enrichir ses connaissances sur le sujet…

A l’issue des débats une collation a été offerte.


Journées du patrimoine 22 septembre 2019

29 septembre 2019

La Société d’Histoire d’Ensisheim s’est mobilisée le dimanche 22 septembre 2019 à l’occasion des Journées du Patrimoine, dont le thème cette année était « Arts et Divertissements ».

C’est sous la forme d’une balade commentée que le public accueilli le matin et l’après-midi a pu se rendre sur les différents sites, et découvrir ou se remémorer les activités passées…

Dans une ambiance amicale, les échanges ont été nombreux, et ont permis d’évoquer des anecdotes et souvenirs pour les uns, ou de susciter de l’étonnement pour les autres…

La promenade s’est conclue par une exposition de photos, ainsi qu’une collation offerte dans la salle Elisatia, qui avait été aimablement mise à disposition.

Journées historiques, Hôtel de la Régence
Musique municipale
Musique municipale, Hôtel de la Régence
Dancing « La Grange », et cinéma temporaire, place Clémenceau
Carnaval
Carnaval et cavalcade, rue de la 1ère Armée
Cinéma « Le Central », derrière la Couronne
Présence de Madame la Maréchale de Lattre à la salle de cinéma le 8 février 1970
Les conscrits
Les conscrits, présents lors des Kilbes
L’équipe de football
La piscine construite par les Allemands, place Léon Boellmann
La piscine, place Boellmann
Gymnastes au Foyer Saint Martin
L’ équipe de gymnastique


Appel à documents

10 mai 2019

Appel à documents

Dans le cadre de ses recherches sur les anciens établissements scolaires d’Ensisheim,  la Société d’Histoire d’Ensisheim recherche tout document (écrits, gravures, photos…) concernant les anciennes écoles (filles et garçons ) qui étaient situées sur les sites de l’ancien arsenal (scierie Schmitt), rue de la Liberté (site de la future médiathèque) et  rue de la monnaie (anciens établissements Samson) et place de l’Eglise (actuel Hôtel de ville).

Si vous souhaitez communiquer les informations utiles à notre recherche , vous pouvez nous contacter :

              frh6768@yahoo.fr                  06 58 34 29 18

Ancienne école de filles (Hôtel de ville actuel)
Ancienne école de garçons (site de l’école Baldé)


Evénément KALISTOIRE dimanche 2 juin 2019

10 mai 2019

La Société d’Histoire d’Ensisheim s’associe à l’événement KALISTOIRE qui aura lieu le dimanche 2 juin 2019, de 9h à 18 heures, au carreau Rodolphe, Rue de Guebwiller à Pulversheim 68840.

L’entrée sera libre.

Des artistes seront présents, ainsi que des musiciens.

Il est également prévu de la restauration sur place, et des animations pour enfants.

Vous êtes cordialement invités à participer à des moments qui seront assurémént conviviaux !


Compte rendu de l’Assemblée Générale de la Société d’Histoire, publié sous réserve de son approbation par l’AG de 2020

11 avril 2019

ASSEMBLEE GENERALE

de la SOCIETE D’HISTOIRE ENSISHEIM

en date du 26 mars 2019

au Palais de la Régence à ENSISHEIM

La séance débute à 19 h 20.

1 – Mot d’accueil et rapport du Président.

Le Président Jean Jacques Schwien salue l’assemblée, Monsieur  Christophe Sturm, maire – adjoint représentant Monsieur le Maire Michel Habig et Monsieur Philippe Krembel, retenus par ailleurs, et remercie pour la mise à disposition des salles de la Régence pour nos conférences. Il dit son plaisir de retrouver ces lieux réaménagés.

Il remercie la presse toujours présente à nos assemblées générales, les correspondants pour leur travail fidèle de journalistes. Il signale que toutes nos conférences sont régulièrement annoncées, ce qui contribue fortement au succès remporté.

Il demande une minute de silence pour les membres décédés au cours de l’année et notamment pour Monsieur Yves Pluen.

2 – Procès – Verbal de la dernière assemblée générale.

Le procès -verbal de cette Ag, qui s’est tenue le 10 avril 2018 à la Maison Paroissiale à Ensisheim, a été rédigé par Gabrielle Lammert . Il a été transmis aux membres en même temps que la convocation. Le président demande à l’assemblée si elle a des remarques à faire. Personne ne se manifestant, ce PV est adopté à l’unanimité.

3 – Rapport du trésorier et cotisation.

Notre trésorier, Mr. Philippe Drexler, présente les comptes en détail : recettes, dépenses, intérêts, solde final.

Les réviseurs aux comptes ayant vérifié toutes les pièces justificatives et constaté l’exactitude des comptes, ils demandent à l’assemblée de donner quitus au comité pour la bonne gestion. Les comptes sont approuvés à l’unanimité.

Pour l’exercice 2019, l’assemblée renouvelle le mandat de réviseur aux comptes de Mr. Paul Deyber et de Mr. Denis Buzer.

Le maintien de la cotisation annuelle, dont le montant est de 10 € par personne, est mis au vote et approuvé à l’unanimité.

Le président invite les personnes présentes à s’acquitter de leur cotisation à l’issue de l’AG auprès du trésorier.

4 – Renouvellement du Bureau.

Les membres suivants son renouvelés pour une durée de 3 ans :

Madame Gabrielle Lammert

Monsieur Maurice Gardini

Monsieur Jean-Jacques Schwien

5 – Rapport d’activités et projets.

  1. Le président rappelle les activités habituelles et courantes marquant la vie de toute association, comme les réunions de bureau, les échanges d’informations, la participation à l’AG de la FAE.
  • La Société a également participé à la journée annuelle de Kalistoire, organisée sur le carreau Rodolphe, grâce à l’implication de Maurice Gardini et du bureau.
  • Pour les Journées du Patrimoine 2018, la Société a organisé une visite guidée de nous permettant de découvrir les édicules du centre – ville, par le biais d’une visite commentée des petits monuments insolites.

d) Nous avons aussi organisé des conférences qui ont attiré un public nombreux :

* L’agriculture alsacienne à l’époque moderne, une identité et un modèle, par Mr. Jean Michel Boehler de l’Université de Strasbourg.

* La vie quotidienne de la noblesse alsacienne au XIXe siècle,  par Marc Glotz, Vice-président de la Société d’Histoire Sundgauvienne.

* D’un donjon d’Alsace à l’autre, par Mr Jean-Marie Nick , Président de l’association Pro Hugstein.

* La forêt , un espace vital. Le regard d’un historien, par Mr Philippe Jehin, docteur en histoire.

* Lorsque l’Alsace était bourguignonne. Rencontre avec Pierre de Hagenbach, bailli de Charles le Téméraire, par Gabrielle Claerr-Stamm présidente de la Société  d’Histoire du Sundgau, conférence qui clôturera notre Assemblée Générale de ce soir.

e) Notre commune a aussi fait l’objet de nouvelles découvertes archéologiques. Les fouilles du Reguisheimerfeld ont mis en évidence le passé important de notre localité à tout point de vue. Les vestiges du Mésolithique ou l’époque dite aussi des chasseurs-cueilleurs (5 à 10 000 ans av. J.-C.) de même qu’un village d’agriculteurs de l’Antiquité tardive (300/400 ans ap. J.-C.) en sont les éléments les plus remarquables. Ces fouilles feront l’objet d’une présentation officielle après le rendu du rapport.

f) La démolition annoncée de l’Ecole Jacques Baldé a, de même, permis de faire des découvertes archéologiques fort intéressantes, portant cette fois sur la période médiévale et moderne en coeur de ville, avec notamment la mise au jour d’un atelier de fonderie de cloches et surtout d’un trésor de Thalers enfoui certainement pendant la guerre de Trente Ans (vers 1630). Parallèlement, Francis Hans, Jean-Luc Clausse et Martin Misslin ont continué leurs travaux sur la documentation d’archives de cette ancienne école des garçons.

g) Notre Société poursuit également le travail de mémoire avec les scolaires en partenariat avec les associations patriotiques, grâce à l’engagement de Francis Hans.

h) Le président nous informe avoir reçu un courrier d’une personne détenue à la Maison Centrale d’Ensisheim qui s’intéresse fortement à l’histoire de cette prison pendant la Seconde Guerre Mondiale. Les archives de cette époque se trouvant à Berlin la consultation n’est pas aisée. Cette demande sera un objectif de recherche pour la SHE.

i) Le président est heureux d’annoncer la création de notre page sur le site internet de la FAE. Il remercie la Fédération pour cet outil de communication collectif mis à la disposition des associations. Notre page est pilotée par Jean Luc Clausse. On y trouve nos annonces d’actualités puis leur compte-rendu de même que des dossiers de fond sur l’histoire de la commune.

j) Le président annonce le thème national des Journées du Patrimoine des 21-22 septembre 2019, Les lieux de convivialité – art et divertissements, lieux que Notre Société illustrera localement avec un programme que les membres et sympathisants découvriront  en début d’automne.

6 – Questions diverses.

A la fin de la séance, le président donne comme de coutume la parole à la salle.

Mr. Roland Kittler, président de la FAE, félicite l’association pour son dynamisme. Il note la belle fréquentation des conférences et est très heureux de voir les membres assister de plus en plus nombreux à l’AG. Il nous dit sa satisfaction de voir que nous réfléchissons sérieusement à la publication de nos différents travaux. Mr. Kittler nous annonce aussi qu’il quitte la présidence de la FAE.

Le président Jean-Jacques Schwien le remercie chaleureusement pour tout le travail accompli durant ces nombreuses années à la tête de la FAE, pour sa fidélité envers notre société, son soutien et ses précieux conseils. Il lui souhaite donc une belle « retraite associative ».

La parole est donnée à Mr. Christophe Sturm, représentant la municipalité.

Mr. Sturm est heureux de constater que la SHE est une société qui se dynamise et se pérénise. Il nous félicite pour la qualité des conférences proposées et qui, au vu de l’assistance de plus en plus nombreuse, répond à la demande de nos membres et nombreux sympathisants. Il exprime son vœu le plus cher d’instaurer un partenariat accru entre la ville et la SHE sur de nombreux sujets et projets et conclut en souhaitant bon vent à la SHE.

Le président Jean-Jacques Schwien remercie Mr Sturm pour ses paroles encourageantes et est très heureux et impatient de pouvoir travailler en partenariat avec la ville. Il souhaite en particulier que nous puissions nous rencontrer avec Mr. le Maire pour évoquer des conférences communes sur les découvertes archéologiques de premier plan de ces dernières années.

Il remercie encore l’ensemble des membres du bureau pour tout le travail accompli au cours du dernier exercice et se dit très fier d’être entouré par des personnes motivées et passionnées par l’histoire de leur ville.

La séance est levée à 20h.

Le président invite ensuite l’assistance à participer à la conférence de Madame Gabrielle Claerr -Stamm, Présidente de la Société d’Histoire du Sundgau sur le thème :

« Lorsque la Haute Alsace était bourguignonne. Rencontre avec Pierre de Hagenbach, bailli de Charles le Téméraire ».

Fait à Ensisheim le 28 mars 2019

Gabrielle Lammert Secrétaire de séance     Jean-Jacques Schwien Président  

Conférence du 26 mars 2019, par Mme Gabrielle CLAERR STAMM « Lorsque l’Alsace était bourguignonne, l’histoire de Pierre de Hagenbach »

6 avril 2019

Notre Assemblée générale annuelle, tenue ce mardi 26 mars 2019, a été agrémentée comme de coutume par une conférence dans la salle de la Régence, mise une nouvelle fois à notre disposition par la Ville d’Ensisheim.. Cette fois, notre Société a accueilli Mme Gabrielle CLAERR STAMM, présidente de la Société d’histoire du Sundgau, pour évoquer l’histoire de Pierre de Hagenbach, un personnage qui s’est illustré dans notre région au 15ème siècle.

Mme CLAERR STAMM
le public dans la salle de la Régence

Pierre de Hagenbach est né vers 1420, sans doute à Thann, à une époque charnière entre le Moyen Âge finissant et les débuts de la Renaissance.  Plusieurs chroniques manuscrites, puis imprimées ont diffusé des éléments de la vie tourmentée de ce chevalier.

Issu d’une famille de petite noblesse (citée dès 1276), qui possédait un château dans le village éponyme du Sundgau, Pierre de Hagenbach a passé son enfance entre l’Alsace de son père, et la Franche-Comté d’où était originaire sa mère (château de Belmont).

Pierre de Hagenbach a donc grandi dans une région convoitée à la fois par les Habsbourg et le duché de Bourgogne. Il était parfaitement bilingue, qualité qui lui a été particulièrement utile dans le déroulement de sa carrière…

Attiré par les fastes de la Cour, il s’engage comme écuyer au service de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, vers 1440. A l’époque, la Bourgogne, en pleine expansion, s’agrandit progressivement d’une partie des territoires situés en Franche-Comté, Flandres, Artois…

Pierre de Hagenbach participe activement aux guerres de conquête et est rapidement « repéré » par Charles le Téméraire, fils de Philippe le Bon.

Il entre alors au service de Charles le Téméraire en tant que « maître d’hôtel », c’est à dire l’équivalent de grand argentier au service d’une grande maison, dont il assumera la charge avec compétence.

Il sera promu « maitre d’artillerie » en 1466, puis sera nommé chevalier.

En 1469, à la suite du traité de Saint-Omer, Charles le Téméraire entre en possession des biens de la Maison d’Autriche en Alsace et Forêt Noire.

Pierre de Hagenbach occupera alors les fonctions de « bailli des territoires de Haute Alsace », mis en gage par le duc Sigismond d’Autriche. La souveraineté bourguignonne va progressivement se mettre en place…

Cependant, à partir de 1472, Pierre de Hagenbach doit faire face à des difficultés d’ordre à la fois économiques et politiques. Il dissout des corporations, lève des taxes (sur le vin), mais ordonne également des exécutions en représailles à des révoltes des bourgeois (à Thann, à Ensisheim…). Il devient rapidement impopulaire.

Les bourgeois de la ville de Breisach se révoltent également, il est reproché à Pierre de Hagenbach son comportement tyrannique vis à vis des populations.

Il est alors arrêté et emprisonné dans le Windbruchtor qui existe toujours à Breisach, puis rapidement jugé (le bâtiment « Radbrunnen » est également toujours en place). Torturé puis décapité en place publique le 9 mai 1474, son corps est ramené au village de Hagenbach pour y être déposé dans un caveau à l’église.

En résumé, Pierre de Hagenbach était un homme ambitieux qui a grandi un à un les échelons, au service de ses maîtres Philippe le Bon d’abord, puis Charles le Téméraire ; c’était un homme intelligent et compétent, ainsi qu’un officier zélé.

La plupart des crimes dont il a été accusé ont sans doute été commis « sur ordre », mais peut-être s’était-il rendu coupable d’exactions…

Il a vraisemblablement été exécuté pour raison d’Etat.

La lignée des Hagenbach s’est éteinte au milieu du XVIIIe siècle…

Dans le village de Hagenbach, il ne subsiste plus de traces du château familial qui, au cours des siècles, avait été à plusieurs reprises détruit ou endommagé (séisme de 1356, saccage par les Armagnacs en 1439 et 1444, puis par les Suédois en 1633 durant la Guerre de Trente ans, et enfin par les événements révolutionnaires…).

Les travaux de construction du canal du Rhône au Rhin ont effacé de manière définitive les dernières traces de l’édifice.

A l’issue de la conférence à laquelle avait répondu un public nombreux et attentif, la Ville d’Ensisheim a proposé un vin d’honneur.

Mme CLAERR STAMM a également pu dédicacer son livre « Le destin tragique d’un chevalier sundgauvien au service de Charles le Téméraire ».


Conférence du 26 février 2019, « la forêt, un espace vital, le regard d’un historien », par M. Philippe JEHIN

11 mars 2019

La seconde conférence de la société d’histoire, en ce début d’année, s’est tenue mardi 26 février dans le formidable écrin de la Régence, comme à l’habitude, gracieusement mis à notre disposition par la ville d’Ensisheim. Qu’elle en soit remerciée ! Une assemblée fidèle a suivi avec grand intérêt le thème développé par M. Philippe Jéhin, docteur en histoire : La forêt, un espace vital, le regard d’un historien.

M. Philippe JEHIN

Le conférencier a su capter l’attention de tous, rassurant sur l’état général de nos forêts européennes et tout particulièrement celle chère à nos cœurs, la Hardt.

Evoluant d’une notion d’espace économique vital jusqu’à une forêt aux abois à la fin du XVIIIe siècle, passant par une période de réglementation frénétique, tant en Alsace qu’ailleurs, M. Jéhin a parcouru un millénaire d’existence d’espaces forestiers, jugés immuables si l’on s’en tient à un regard superficiel.

C’est ainsi qu’une forêt source économique vitale nous a été décrite d’abord au quotidien, notamment à la période médiévale, où elle était essentielle au foyer pour le chauffage, la cuisine ou encore la construction, puis source de matériaux indispensables à l’industrie, à la défense (les navires, les fortifications) ou à l’habitat et enfin nourricière, avec la chasse, la cueillette ou l’indispensable pâturage du bétail.

Le public dans la salle de la Régence

Le conférencier a ainsi employé une formule, encore d’actualité : « du berceau au cercueil, l’homme, et notamment l’Alsacien, est entouré de bois ! »

Cette hyperactivité économique a inéluctablement généré des conflits, des jalousies et des abus. D’où la nécessité de réglementer les usages et l’accès à cette ressource qui paraissait infinie. Si la volonté initiale de réglementer était animée de la bonne intention d’attirer et de fixer de nouveaux habitants, elle a inexorablement évolué vers des contraintes et des rejets. Ainsi du droit d’usage de l’espace, créant des notions d’affouage, de marnage ou encore la fameuse mesure des glandées par laquelle les seigneurs fixaient des périodes où chaque famille pouvait laisser pâturer jusqu’à deux porcs dans la forêt. Les conséquences ? Une forêt toujours moins dense, voire clairsemée, et d’innombrables tensions entre l’Etat, les seigneurs et la population.

Comme de nos jours, le pouvoir réagit alors….avec de nouvelles réglementations… cette fois assorties de répressions. L’Empereur Ferdinand 1er promulgue une grande ordonnance forestière en 1557. Le pouvoir de gestion et de contrôle est transféré à un officier d’abord implanté à Habsheim puis à Ensisheim. Mais la forêt continue de se dégrader.

En 1694, après le rattachement de l’Alsace à la France, le nouveau monarque crée deux maîtrises pour les forêts alsaciennes, l’une à Haguenau pour la Basse Alsace et l’autre à Ensisheim pour la Haute Alsace. Ensisheim est donc au cœur du pouvoir, à proximité directe de la plus grande des forêts de la région, la Hardt, gérée par la compagnie de la Hardt depuis le Moyen Age. Mais la ressource reste soumise aux pressions seigneuriales et aux exigences du pouvoir royal. En 1730, la monarchie reprend la main. C’est l’émergence d’une notion encore inconnue : la sylviculture.

Dans une dernière partie, le conférencier présente une forêt aux abois au XVIIIe siècle.

Réserve foncière, elle a toujours subi de plein fouet l’essor démographique depuis plus d’un millénaire, reculant progressivement sous les assauts des besoins agricoles ou d’expansion urbaine.

Le travail du bois, quelques illustrations anciennes projetées

L’écobuage et essartage étaient l’essentiel de ce qui dégradait et surtout faisait reculer la forêt depuis l’aube de l’agriculture, avec une accélération au milieu du Moyen Age ; l’industrialisation, ensuite, dès les débuts de l’époque moderne, avec le bois nécessaire aux hauts fourneaux, va avaler des kilomètres carrés de forêt, le processus atteignant un paroxysme au XIXe siècle, avant le développement de l’usage du charbon et l’arrivée de la fée électricité. Cette déforestation a d’ailleurs provoqué d’importantes inondations, l’eau dévalant des pentes nues de nos montagnes sans pouvoir s’infiltrer dans les sous-bois, la dernière en date étant celle de 1910. Mais les pouvoirs publics ont d’emblée perçu les dangers et mis en place progressivement des mesures destinées à juguler le phénomène.

Il aura fallu attendre 1827, et la création du code forestier pour qu’enfin le massacre cesse. Le pâturage est interdit et une politique de reboisement est mise en œuvre. La révolution industrielle réduit les besoins en bois au profit de nouveaux matériaux. Les populations urbaines supplantent celles du monde rural. Sous le second Empire et la IIIème République le reboisement est massif. Le retour de l’Alsace à la France, en 1918, ne ralentit pas l’évolution, car les autorités allemandes étaient animées des mêmes intentions. Ces dernières avaient même instauré le réputé modèle prussien, avec cet alignement remarquable des arbres que l’on retrouve un peu partout, optimisant ainsi l’espace.

C’est donc avec une note optimiste que notre conférencier a conclu, soulignant que, contrairement à de nombreuses contrées de l’hémisphère sud, la surface forestière française a plus que doublé depuis la Révolution, évoluant depuis 7 millions d’hectares pour en atteindre aujourd’hui plus de 15 millions. A l’aube du XXIe siècle, la forêt retrouve donc un intérêt écologique, économique, voire récréatif.

Pendant des siècles, elle joua un rôle vital pour toutes les catégories sociales. Gageons que l’avenir qui lui semble promis sera désormais….florissant !

La prochaine conférence de la SHE se déroulera le 26 mars 2019 à 20h15, toujours dans la salle de la Régence. Nous croiserons l’histoire de Pierre de Hagenbach, bailli de Charles le Téméraire, chef de guerre et légende noire ayant marqué l’histoire de l’Alsace. Gabrielle CLAER-STAMM,  présidente de la Société d’Histoire du Sundgau, et auteure d’un ouvrage sur le sujet, nous exposera par le menu la vie de ce chevalier sundgauvien controversé.

Mme Claer-Stamm dédicacera d’ailleurs son livre après la conférence.

La conférence sera précédée de l’assemblée générale de la SHE, à 19h.


Conférence à la Régence de Jean Marie NICK, le 29 janvier 2019

5 février 2019

« D’un donjon à l’autre »

Le cycle des conférences de la Société d’Histoire d’Ensisheim a repris le 29 janvier dernier dans la prestigieuse  salle de la Régence, fraichement rénovée, avec comme intervenant Jean Marie NICK, amateur des châteaux forts.
Le public est venu en  nombre pour écouter ce passionné du Moyen Age exposer son étude sur les différents types de donjon dont quasiment chaque forteresse était pourvue…
La variété de ces constructions, du nord au sud de l’Alsace, et au-delà (Lorraine, France, Europe) était liée à différentes affectations; de simple beffroi ou tour de guet, il savait aussi être un logis confortable…
Selon le choix de leur constructeur, et les exigences liées aux  terrains sur lesquels ils étaient construits, les donjons pouvaient être de forme ronde, carrée, ou pentagonale…et même heptagonale .
Tous avaient comme point commun le symbole de puissance et d’autorité de leurs occupants.
Nous pouvons encore au travers de nos balades, admirer, découvrir et rêver devant  ces témoins devenus parfois fragiles, d’une période  pour laquelle nous sommes toujours nombreux à nous passionner.

Pour plus d’infos, voir le site web qui permet désormais d’organiser ces ballades https://www.chateauxfortsalsace.com                                                        

Et pour ceux qui s’intéressent au château d’Ensisheim, il vous est possible de lire l’article sur le lien ci contre: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9751359v/f47.image

Le cycle des conférences va se poursuivre et le prochain rendez-vous est fixé au 26 février prochain, toujours à la Régence, avec M. Philippe JEHIN qui nous parlera de « La forêt, un espace vital, le regard d’un historien »


Découverte d’un dépôt monétaire sur le site de l’ancienne école Baldé à l’été 2018

22 novembre 2018

Des fouilles on eu lieu récemment sur le site de la future médiathèque d’Ensisheim (anciennement école Baldé détruite à l’automne 2017), effectuées par « Archéologie d’Alsace ».

La Société d’Histoire d’Ensisheim y  a été associée dès le début des travaux, pour apporter des compléments documentaires, en particulier sur la construction de l’école primaire.

Des bâtiments anciens ont ainsi pu être localisés grâce à la mise à jour de fondations de maisons d’habitation, de fermes, de caves, de puits, latrines….

Vue aérienne des fouilles (Cliché Archéologie d’Alsace)

Des éléments témoignant du passage des hommes depuis le  Moyen Age ont été identifiés, et sont en cours d’étude (carreaux de poêle en faïence, outils, vaisselle…).

Tripode 17ème siècle (Cliché Société d’Histoire d’Ensisheim)

Vue générale du chantier (Cliché Société d’Histoire d’Ensisheim)

Les fondations d’une maison vers 1500 (Cliché Société d’Histoire d’Ensisheim)

Des « moules à cloches » ont également été mis au jour, dont on peut penser qu’ils ont servi lors de la construction de l’église vers 1860.

Vue générale du chantier (Cliché Société d’Histoire d’Ensisheim)

Moules à cloches (Cliché Société d’Histoire d’Ensisheim)

Mais une trouvaille exceptionnelle a été réalisée au travers de la mise à jour d’un dépôt monétaire composé en grande partie de thalers frappés à Ensisheim.

On peut rappeler qu’Ensisheim a disposé d’un atelier monétaire entre 1582 et 1634. Cet atelier, fondé par les Habsbourg, était alimenté par les mines d’argent des Vosges au moment de leur plus grand développement. Son emplacement précis est inconnu mais se situait dans l’actuelle rue de la Monnaie. Son activité a été très importante, avec par moments, plusieurs dizaines de milliers de pièces par an. Le fleuron de cet atelier était le thaler, une grosse pièce d’argent faisant suite à l’ancien florin médiéval.

La découverte effectuée provient sans doute d’une bourse (cuir ou tissu) dissimulée dans une cachette aménagée sous le plancher d’habitation. Elle est composée d’une soixantaine de thalers en argent, dont une vingtaine frappés à Ensisheim, les autres issus de divers ateliers habsbourgeois et germaniques. Il comprend également une centaine de pièces divisionnaires appelées « batz » (en alliage d’argent  et de cuivre), provenant pour la plupart de Murbach et Lure.

La période des monnaies trouvées (1618-1627) correspond aux débuts de la guerre de Trente ans (1618-1648) qui a ravagé l’Europe et décimé les populations. Ensisheim n’a pas été épargnée puisqu’elle a été à plusieurs reprises,  pillée, saccagée, rançonnée, brûlée…successivement par les Suédois, les Autrichiens, les Lorrains et les Français. Au sortir de la guerre, il n’y restait plus guère d’habitants et sur 300 maisons, seule une trentaine restait encore debout…

Vue du dépôt monétaire  (Cliché Archéologie d’Alsace)

On peut donc imaginer que durant ces temps d’incertitude, la personne, propriétaire du « trésor » mis à jour en juin 2018,  aura voulu dissimuler ses économies afin de les préserver des pillages possibles, et de pouvoir les récupérer, plus tard..

Nous savons désormais qu’elle ne les a  jamais retrouvés…

        


journées du patrimoine

20 septembre 2018

                                                          Les journées du patrimoine ont été l’occasion pour la SHE de se mobiliser ce dimanche 16 septembre 2018 sur le thème « Art et Partage ».
De nombreux petits édifices et monuments qui font partie du paysage quotidien dans la ville, et qui bien souvent passent inaperçus, ont ainsi été mis en valeur au travers d’une promenade qui a pu se dérouler dans les meilleures conditions.
La majorité des visiteurs étaient originaires de la ville ou de ses environs, mais beaucoup d’entre eux ont été étonnés par la découverte de certains édicules qu’ils croyaient connaître, ou qu’ils ont découverts à l’occasion de cette belle journée de fin d’été ; des commentaires et anecdotes ont pu être échangés tout au long de la balade proposée.
Le parcours organisé avait démarré devant le monument du baromètre situé Faubourg de Belfort et a pris fin au « lavoir » rue Foch, passant, notamment, par le bunker, Saint-Jean de Népomucène ou encore les puits, calvaires et autres sculptures contemporaines.
A l’issue de cette promenade instructive, un rafraichissement a été offert aux visiteurs par le président de la SHE.


Si l’Histoire m’était contée – Eliane PICARD – LEVY

29 août 2018

EXPOSITION EHPAD ENSISHEIM

du 28 juin au 30 juillet 2018

Si l’Histoire m’était contée

 

Eliane LEVY épouse PICARD

 

Éliane Levy est née à Ensisheim, en 1925. Son père Oscar, fils d’une famille de bouchers de Soultz (décédé en 1944 à Auschwitz), y était médecin généraliste. En 1939, dans le lourd contexte précédant le second conflit mondial, il dernier décide de mettre ses six enfants à l’abri. La famille quitte alors l’Alsace, rejoint d’abord les Vosges puis la Normandie et Fécamp, Paris et enfin Toulouse.

Le 5 mai 1944, les parents et deux filles (dont Éliane) sont arrêtés tandis que le plus jeune fils parvient à échapper à la Gestapo. Ils seront d’abord transférés à Drancy où ils passeront une dizaine de jours dans le camp de transit avant d’être dirigés vers Auschwitz. Des 1000 personnes dont 112 enfants de ce convoi n°75 partis le 30 mai 1944, seuls 51 femmes et 34 hommes reviendront vivants dont Éliane. À Auschwitz, elle verra son père, sa petite sœur Ninon et sa mère envoyés dans les chambres à gaz. Éliane aura plus de « chance » et travaillera quant à elle dans des usines à l’extérieur du camp avant d’être envoyée en Allemagne au camp de Bergen-Belsen puis à celui de Mauthausen d’où elle parviendra à s’échapper avec une dizaine de camarades de captivité en mai 1945. Elle sera ensuite recueillie par les Américains et passera dix-huit mois à Charenton avant de regagner l’Alsace en 1947 où elle épousera Alphonse Picard, un grand résistant. Ils auront  deux fils. Éliane Levy-Picard qui est décédée en 2013 à l’âge de 88 ans, n’aura de cesse de témoigner dans les écoles et collèges afin que le souvenir de cette tragédie ne s’estompe pas. Elle a été nommée Chevalier de la Légion d’honneur, Chevalier de l’Ordre national du mérite et décorée des Palmes académiques.

Une exposition s’est tenue à l’EHPAD d’Ensisheim du 28 juin au 30 juillet, rendant hommage à cette figure de notre ville. Elle résulte du travail des élèves d’une classe de CM2 de l’école Jean Rasser, organisé sous la houlette de Rosanna Issenlohr leur enseignante, dans le cadre du « transfert de mémoire » maintenant bien connu à Ensisheim, qui consiste à faire se rencontrer des enfants et des acteurs ou témoins d’un fait, d’une histoire ou d’un événement survenu dans la localité. Plus d’un millier de personnes sont venus consulter les tableaux, œuvres et autres photos consacrés à cette grande dame, confirmant ainsi leur intérêt pour le travail des enfants.

Inauguration Ehpad le 28 juin 2018

 



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