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Conférence du 26 février 2019, « la forêt, un espace vital, le regard d’un historien », par M. Philippe JEHIN

11 mars 2019

La seconde conférence de la société d’histoire, en ce début d’année, s’est tenue mardi 26 février dans le formidable écrin de la Régence, comme à l’habitude, gracieusement mis à notre disposition par la ville d’Ensisheim. Qu’elle en soit remerciée ! Une assemblée fidèle a suivi avec grand intérêt le thème développé par M. Philippe Jéhin, docteur en histoire : La forêt, un espace vital, le regard d’un historien.

M. Philippe JEHIN

Le conférencier a su capter l’attention de tous, rassurant sur l’état général de nos forêts européennes et tout particulièrement celle chère à nos cœurs, la Hardt.

Evoluant d’une notion d’espace économique vital jusqu’à une forêt aux abois à la fin du XVIIIe siècle, passant par une période de réglementation frénétique, tant en Alsace qu’ailleurs, M. Jéhin a parcouru un millénaire d’existence d’espaces forestiers, jugés immuables si l’on s’en tient à un regard superficiel.

C’est ainsi qu’une forêt source économique vitale nous a été décrite d’abord au quotidien, notamment à la période médiévale, où elle était essentielle au foyer pour le chauffage, la cuisine ou encore la construction, puis source de matériaux indispensables à l’industrie, à la défense (les navires, les fortifications) ou à l’habitat et enfin nourricière, avec la chasse, la cueillette ou l’indispensable pâturage du bétail.

Le public dans la salle de la Régence

Le conférencier a ainsi employé une formule, encore d’actualité : « du berceau au cercueil, l’homme, et notamment l’Alsacien, est entouré de bois ! »

Cette hyperactivité économique a inéluctablement généré des conflits, des jalousies et des abus. D’où la nécessité de réglementer les usages et l’accès à cette ressource qui paraissait infinie. Si la volonté initiale de réglementer était animée de la bonne intention d’attirer et de fixer de nouveaux habitants, elle a inexorablement évolué vers des contraintes et des rejets. Ainsi du droit d’usage de l’espace, créant des notions d’affouage, de marnage ou encore la fameuse mesure des glandées par laquelle les seigneurs fixaient des périodes où chaque famille pouvait laisser pâturer jusqu’à deux porcs dans la forêt. Les conséquences ? Une forêt toujours moins dense, voire clairsemée, et d’innombrables tensions entre l’Etat, les seigneurs et la population.

Comme de nos jours, le pouvoir réagit alors….avec de nouvelles réglementations… cette fois assorties de répressions. L’Empereur Ferdinand 1er promulgue une grande ordonnance forestière en 1557. Le pouvoir de gestion et de contrôle est transféré à un officier d’abord implanté à Habsheim puis à Ensisheim. Mais la forêt continue de se dégrader.

En 1694, après le rattachement de l’Alsace à la France, le nouveau monarque crée deux maîtrises pour les forêts alsaciennes, l’une à Haguenau pour la Basse Alsace et l’autre à Ensisheim pour la Haute Alsace. Ensisheim est donc au cœur du pouvoir, à proximité directe de la plus grande des forêts de la région, la Hardt, gérée par la compagnie de la Hardt depuis le Moyen Age. Mais la ressource reste soumise aux pressions seigneuriales et aux exigences du pouvoir royal. En 1730, la monarchie reprend la main. C’est l’émergence d’une notion encore inconnue : la sylviculture.

Dans une dernière partie, le conférencier présente une forêt aux abois au XVIIIe siècle.

Réserve foncière, elle a toujours subi de plein fouet l’essor démographique depuis plus d’un millénaire, reculant progressivement sous les assauts des besoins agricoles ou d’expansion urbaine.

Le travail du bois, quelques illustrations anciennes projetées

L’écobuage et essartage étaient l’essentiel de ce qui dégradait et surtout faisait reculer la forêt depuis l’aube de l’agriculture, avec une accélération au milieu du Moyen Age ; l’industrialisation, ensuite, dès les débuts de l’époque moderne, avec le bois nécessaire aux hauts fourneaux, va avaler des kilomètres carrés de forêt, le processus atteignant un paroxysme au XIXe siècle, avant le développement de l’usage du charbon et l’arrivée de la fée électricité. Cette déforestation a d’ailleurs provoqué d’importantes inondations, l’eau dévalant des pentes nues de nos montagnes sans pouvoir s’infiltrer dans les sous-bois, la dernière en date étant celle de 1910. Mais les pouvoirs publics ont d’emblée perçu les dangers et mis en place progressivement des mesures destinées à juguler le phénomène.

Il aura fallu attendre 1827, et la création du code forestier pour qu’enfin le massacre cesse. Le pâturage est interdit et une politique de reboisement est mise en œuvre. La révolution industrielle réduit les besoins en bois au profit de nouveaux matériaux. Les populations urbaines supplantent celles du monde rural. Sous le second Empire et la IIIème République le reboisement est massif. Le retour de l’Alsace à la France, en 1918, ne ralentit pas l’évolution, car les autorités allemandes étaient animées des mêmes intentions. Ces dernières avaient même instauré le réputé modèle prussien, avec cet alignement remarquable des arbres que l’on retrouve un peu partout, optimisant ainsi l’espace.

C’est donc avec une note optimiste que notre conférencier a conclu, soulignant que, contrairement à de nombreuses contrées de l’hémisphère sud, la surface forestière française a plus que doublé depuis la Révolution, évoluant depuis 7 millions d’hectares pour en atteindre aujourd’hui plus de 15 millions. A l’aube du XXIe siècle, la forêt retrouve donc un intérêt écologique, économique, voire récréatif.

Pendant des siècles, elle joua un rôle vital pour toutes les catégories sociales. Gageons que l’avenir qui lui semble promis sera désormais….florissant !

La prochaine conférence de la SHE se déroulera le 26 mars 2019 à 20h15, toujours dans la salle de la Régence. Nous croiserons l’histoire de Pierre de Hagenbach, bailli de Charles le Téméraire, chef de guerre et légende noire ayant marqué l’histoire de l’Alsace. Gabrielle CLAER-STAMM,  présidente de la Société d’Histoire du Sundgau, et auteure d’un ouvrage sur le sujet, nous exposera par le menu la vie de ce chevalier sundgauvien controversé.

Mme Claer-Stamm dédicacera d’ailleurs son livre après la conférence.

La conférence sera précédée de l’assemblée générale de la SHE, à 19h.


Conférence à la Régence de Jean Marie NICK, le 29 janvier 2019

5 février 2019

« D’un donjon à l’autre »

Le cycle des conférences de la Société d’Histoire d’Ensisheim a repris le 29 janvier dernier dans la prestigieuse  salle de la Régence, fraichement rénovée, avec comme intervenant Jean Marie NICK, amateur des châteaux forts.
Le public est venu en  nombre pour écouter ce passionné du Moyen Age exposer son étude sur les différents types de donjon dont quasiment chaque forteresse était pourvue…
La variété de ces constructions, du nord au sud de l’Alsace, et au-delà (Lorraine, France, Europe) était liée à différentes affectations; de simple beffroi ou tour de guet, il savait aussi être un logis confortable…
Selon le choix de leur constructeur, et les exigences liées aux  terrains sur lesquels ils étaient construits, les donjons pouvaient être de forme ronde, carrée, ou pentagonale…et même heptagonale .
Tous avaient comme point commun le symbole de puissance et d’autorité de leurs occupants.
Nous pouvons encore au travers de nos balades, admirer, découvrir et rêver devant  ces témoins devenus parfois fragiles, d’une période  pour laquelle nous sommes toujours nombreux à nous passionner.

Pour plus d’infos, voir le site web qui permet désormais d’organiser ces ballades https://www.chateauxfortsalsace.com

 

                                                           

Et pour ceux qui s’intéressent au château d’Ensisheim, il vous est possible de lire l’article sur le lien ci contre: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9751359v/f47.image

Le cycle des conférences va se poursuivre et le prochain rendez-vous est fixé au 26 février prochain, toujours à la Régence, avec M. Philippe JEHIN qui nous parlera de « La forêt, un espace vital, le regard d’un historien »


Découverte d’un dépôt monétaire sur le site de l’ancienne école Baldé à l’été 2018

22 novembre 2018

Des fouilles on eu lieu récemment sur le site de la future médiathèque d’Ensisheim (anciennement école Baldé détruite à l’automne 2017), effectuées par « Archéologie d’Alsace ».

La Société d’Histoire d’Ensisheim y  a été associée dès le début des travaux, pour apporter des compléments documentaires, en particulier sur la construction de l’école primaire.

Des bâtiments anciens ont ainsi pu être localisés grâce à la mise au jour de fondations de maisons d’habitation, de fermes,  caves,  puits, latrines…

 

Vue 

        


journées du patrimoine

20 septembre 2018

                                                          Les journées du patrimoine ont été l’occasion pour la SHE de se mobiliser ce dimanche 16 septembre 2018 sur le thème « Art et Partage ».
De nombreux petits édifices et monuments qui font partie du paysage quotidien dans la ville, et qui bien souvent passent inaperçus, ont ainsi été mis en valeur au travers d’une promenade qui a pu se dérouler dans les meilleures conditions.
La majorité des visiteurs étaient originaires de la ville ou de ses environs, mais beaucoup d’entre eux ont été étonnés par la découverte de certains édicules qu’ils croyaient connaître, ou qu’ils ont découverts à l’occasion de cette belle journée de fin d’été ; des commentaires et anecdotes ont pu être échangés tout au long de la balade proposée.
Le parcours organisé avait démarré devant le monument du baromètre situé Faubourg de Belfort et a pris fin au « lavoir » rue Foch, passant, notamment, par le bunker, Saint-Jean de Népomucène ou encore les puits, calvaires et autres sculptures contemporaines.
A l’issue de cette promenade instructive, un rafraichissement a été offert aux visiteurs par le président de la SHE.


Si l’Histoire m’était contée – Eliane PICARD – LEVY

29 août 2018

EXPOSITION EHPAD ENSISHEIM

du 28 juin au 30 juillet 2018

Si l’Histoire m’était contée

 

Eliane LEVY épouse PICARD

 

Éliane Levy est née à Ensisheim, en 1925. Son père Oscar, fils d’une famille de bouchers de Soultz (décédé en 1944 à Auschwitz), y était médecin généraliste. En 1939, dans le lourd contexte précédant le second conflit mondial, il dernier décide de mettre ses six enfants à l’abri. La famille quitte alors l’Alsace, rejoint d’abord les Vosges puis la Normandie et Fécamp, Paris et enfin Toulouse.

Le 5 mai 1944, les parents et deux filles (dont Éliane) sont arrêtés tandis que le plus jeune fils parvient à échapper à la Gestapo. Ils seront d’abord transférés à Drancy où ils passeront une dizaine de jours dans le camp de transit avant d’être dirigés vers Auschwitz. Des 1000 personnes dont 112 enfants de ce convoi n°75 partis le 30 mai 1944, seuls 51 femmes et 34 hommes reviendront vivants dont Éliane. À Auschwitz, elle verra son père, sa petite sœur Ninon et sa mère envoyés dans les chambres à gaz. Éliane aura plus de « chance » et travaillera quant à elle dans des usines à l’extérieur du camp avant d’être envoyée en Allemagne au camp de Bergen-Belsen puis à celui de Mauthausen d’où elle parviendra à s’échapper avec une dizaine de camarades de captivité en mai 1945. Elle sera ensuite recueillie par les Américains et passera dix-huit mois à Charenton avant de regagner l’Alsace en 1947 où elle épousera Alphonse Picard, un grand résistant. Ils auront  deux fils. Éliane Levy-Picard qui est décédée en 2013 à l’âge de 88 ans, n’aura de cesse de témoigner dans les écoles et collèges afin que le souvenir de cette tragédie ne s’estompe pas. Elle a été nommée Chevalier de la Légion d’honneur, Chevalier de l’Ordre national du mérite et décorée des Palmes académiques.

Une exposition s’est tenue à l’EHPAD d’Ensisheim du 28 juin au 30 juillet, rendant hommage à cette figure de notre ville. Elle résulte du travail des élèves d’une classe de CM2 de l’école Jean Rasser, organisé sous la houlette de Rosanna Issenlohr leur enseignante, dans le cadre du « transfert de mémoire » maintenant bien connu à Ensisheim, qui consiste à faire se rencontrer des enfants et des acteurs ou témoins d’un fait, d’une histoire ou d’un événement survenu dans la localité. Plus d’un millier de personnes sont venus consulter les tableaux, œuvres et autres photos consacrés à cette grande dame, confirmant ainsi leur intérêt pour le travail des enfants.

Inauguration Ehpad le 28 juin 2018

 



Publié par Manuel Meyer sur dimanche 11 décembre 2016

Metéo sur ensisheim

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